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  • Chloé Dépré

L'arrivée à DDU et la vie sur base


Ça fait maintenant une semaine que je suis arrivé. La routine s’installe très vite ici, les journées sont rythmées par les horaires des repas. Debout le matin sans réveil, je ne ferme pas complètement mon rideau pour laisser passer de la lumière. Au plus sombre de la nuit la lumière est aussi forte qu’après un coucher de soleil, vous savez le moment juste après les couleurs chatoyantes. Vue de la chambre :

Après le petit déj’ qui est servi jusque 8h, je file à BioMar (bâtiment de Biologie Marine). Ce chemin je vais le faire presque tous les jours pendant mon hivernage. Les passerelles à force on les connait par cœur, là où il faut s’accrocher à la rambarde parce que le positionnement des bâtiments crée un courant d’air, là où la neige s’accumule facilement, les autres où les grilles glissent.  Ce trajet il est jonché de manchots adélie. J’ai beau les côtoyer au quotidien ils me font toujours autant rire. Avec leur démarche, leurs petits grognements, leur mauvais caractère et leur comportement imprévisible.

Vient le moment du repas, on se retrouve tous au séjour. La clochette sonne, il est l’heure de se mettre à table. C’est l’occasion de voir ceux qu’on ne croise pas de la journée. Ceux entretienne, rénove, gère, répare, étudient d’autres domaines. Les tables se constituent souvent avec les mêmes personnes même si ça tourne un peu. Il y a très vite des affinités. C’est toujours un bon moment, avec le chef cuisto accompagné des personnes de service base qui s’occupent de la cuisine et du service (et le boulanger/pâtissier pour le pain et les desserts). On vit comme des rois, c’est entrée/plat/fromage/dessert midi et soir, on reconnait bien les français la dessus. C’est sûrement une des stations en Antarctique où on mange le mieux. On a vite fait d’enlever les piles de la balance ou de se plaindre de son dysfonctionnement.

Après ça certains font la sieste, d’autre se prenne un peu de temps et les derniers retournent travailler directement. Les journées sont longues et souvent fatigantes avec les conditions alors chacun gère son quota sommeil et repos. Personne ne compte ses heures et on peut toujours compter sur son plombier ou l’électricien même le soir. Le soir on retrouve le même train train qu’à midi. Ensuite suivant les jours de la semaine on se retrouve au bar, autour de jeux, film, projection à l’ancienne sur bobine,… La sensation quand on vit ici est très particulière. Tout est ouvert en permanence, la plupart des choses sont en libre-service. La nuit est désormais quasi inexistante. Les manchots sont partout sur base, on a d’ailleurs droit à l’odeur de fiente quand on se promène entre les différents bâtiments en plus de leur chant « mélodieux » toute la journée. On pourra pas dire qu’ici on ne profite pas des manchots Adélies. Le temps passe très vite et on se fait vite attraper par la routine de vie sur base. Il n’y a presque pas de notion de temps pour se repérer dans la semaine. On vit au jour le jour, au rythme de la météo. Ici c’est la nature qui décide, pour l’instant on a plutôt une très bonne météo.

Je profite un maximum tous les jours, on comprend vite pourquoi même après un an sur cette petite île les gens ne se lassent pas de ce qui les entoure.

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