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  • Chloé Dépré

Mon job

Comme vous le savez je suis venu ici pour étudier les animaux. Ici il y a surtout des oiseaux (et quelques phoques en plus). L’objectif est de suivre l’évolution des populations sur le long terme. Voici une petite liste de ce que je peux faire sur les suivis des oiseaux : -       Déterminer les dates d’arrivée et de départ en début et fin de saison -       Contrôler les pontes pour voir le nombre d’œuf -       Suivre l’évolution pour estimer le taux de réussite. Ceci jusqu’à l’envol des poussins -       Marquer les animaux à l’aide d’une ou deux bagues uniques afin de les identifier visuellement -       Prendre des mesures simples (aile, taille de bec, taille du tarse, poids) -       Récupérer des œufs perdus ou abandonnés pour faire des analyses Comme ces oiseaux sont marqués et que les marquages restent d’une année sur l’autre on peut suivre l’évolution des couples en les observant d’une année sur l’autre. On a par exemple un pétrel des neiges qui à 56 ans sur la colonie, c’est grâce à sa bague que l'on peut le déterminer. Comme ce sont des oiseaux marins et qu’ils se nourrissent en mer, nous pouvons déterminer l’état de santé des océans proches en étudiant leurs succès de reproduction, leur masse ou d’autres critères. Ce sont pour nous des sentinelles qui nous donnent une vision globale sur l’environnement alentour. La semaine dernière j’ai passé la majorité de mon temps à compter les manchots adélie sur l’archipel. En tout on a dénombré 16 000 couples rien que sur l’ïle des Pétrels (île principale sur laquelle est la base) et plus de 37 000 couples au total. Pour y arriver on part avec nos cartes papiers, nos crayons et nos compteurs à clic. Ça demande de la concentration et un peu d’organisation, avec parfois quelques difficultés on fini par s’en sortir. Toutes ces heures passées à côtés d’eux sont l’occasion de passer de super moment. Ils sont vraiment drôles et imprévisible, on se retrouve avec des situations complètement cocasses ! Ça grogne, ça se chamaille, se câline et tente de prendre soin du petit œuf qu’ils élèvent parfois dans une mare de fiente (voir une piscine, mais bon élever un œuf qui trempe dans l’eau ça marche pas…). On a eu pendant un moment une petite étendue d’eau pleine de fiente dans laquelle certains manchots prenaient plaisir à se baigner, pas toujours bien propre et bien odorantes ces petites bêtes.


Alex qui compte les manchots adélie

Pas le temps de chômer ici, c’est l’été et c’est la pleine période de reproduction pour les animaux. Il ne faut pas trainer puisque ça ne dure pas longtemps « l’été » (5°c de record l’année dernière). On doit donc suivre le cycle de vie des différentes espèces qui se superposent dans le temps. Les journées peuvent être bien chargées pour arriver à tout boucler dans les temps sachant qu’il faut aussi composer avec la météo (on rigole pas avec ça ici).


Phénologie de reproduction des espèces d'oiseau en Terre Adélie

Nouvelle manip à partir du 21 novembre jusqu’au 1er décembre. Chaque année on équipe 300 poussins de manchot empereur d’une petite puce. Le même type de puce que l’on met sur nos animaux de compagnies. Elles permettent ensuite de suivre un individu toute sa vie sans le déranger. On pose des antennes de détection au sol qui détectent les arrivées et départs des manchots équipés. Cette manip est l’occasion de prendre quelques mesures (poids, taille de l’aileron, bec) qui permettent d’évaluer la conditions des poussins. Cette année est une très bonne année, on a les meilleures mesures depuis les premières années de ce suivi (2009). Ils sont bien gras et 10 jours en avance par rapport à l’année dernière niveau croissance et plumage. La manchotière est bien remplie avec plus de 1000 poussins de plus que l’année dernière et très très peu de mortalité (3500 poussins environs). De quoi donner le sourire en voyant toutes ses boules de plumes en pleine forme toutes mignonnes. Bientôt ils partiront à l’eau et ne pointeront pas le bout de leur bec avant 3 ou 4 ans. Quand on travaille ici et qu’on a froid ou qu’on est fatigué, il suffit de lever les yeux pour profiter du paysage et de l’ambiance qui nous entoure. Il nous arrive de s’arrêter quelques secondes et de se dire qu’on est vraiment chanceux. On se regarde et on se dit « c’est incroyable de devoir s’arrêter pour laisser traverser un manchot empereur pour aller travailler » ou « regarde cette lumière comment elle est incroyable sur ces icebergs et sur le glacier » et puis on se remet au boulot.

Une grosse pensée pour Chloé qui me manque beaucoup, c’est elle qui gère le blog à distance pour moi. Ma secrétaire de l’extrême.

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